Les murs cloqués, la peinture qui s’écaille, une odeur persistante de moisi… Derrière ces signes souvent banalisés se cache un phénomène bien connu des professionnels du bâtiment : les remontées capillaires. Ce problème d’humidité touche de nombreuses habitations anciennes, mais peut aussi concerner des maisons plus récentes mal protégées. Invisible à ses débuts, il progresse lentement et peut, à terme, fragiliser la structure du bâti. Alors, comment traiter efficacement les remontées capillaires des murs de sa maison ? La Maison Des Travaux Alès vous révèle ce que vous devez savoir.

 

Un phénomène naturel aux conséquences bien réelles

Les remontées capillaires sont dues à un principe physique simple : l’eau contenue dans le sol remonte dans les matériaux poreux des murs (briques, pierres, parpaings) par capillarité, à la manière d’un buvard qui absorbe un liquide. En l’absence de barrière étanche horizontale dans les fondations — ou lorsque celle-ci est défaillante — l’humidité s’élève progressivement, parfois jusqu’à un mètre cinquante au-dessus du sol.

Les symptômes sont caractéristiques : auréoles à la base des murs, salpêtre (dépôts blanchâtres), décollement des revêtements, plinthes gondolées, sensation de froid humide. À long terme, les remontées capillaires peuvent altérer les enduits, fragiliser les joints de maçonnerie et favoriser le développement de moisissures nocives pour la santé des occupants.


Poser un diagnostic précis, étape indispensable

Avant d’envisager un traitement, il est essentiel d’établir un diagnostic fiable. Toutes les traces d’humidité ne sont pas dues aux remontées capillaires : une fuite, une infiltration latérale ou un défaut de ventilation peuvent produire des effets similaires. Un professionnel du bâtiment ou un expert en humidité pourra réaliser des mesures à l’aide d’un humidimètre et analyser la configuration du bâti.

Dans certains cas, un diagnostic erroné conduit à des travaux coûteux et inefficaces. Traiter une condensation comme une remontée capillaire, par exemple, ne résoudra rien. La précision du diagnostic conditionne donc la réussite du traitement.


L’injection de résine hydrophobe : la méthode la plus répandue

Parmi les solutions les plus utilisées figure l’injection de résine hydrophobe dans la base des murs. Cette technique consiste à percer une série de trous alignés horizontalement, puis à y injecter un produit qui va se diffuser dans le matériau et former une barrière étanche. L’objectif est de bloquer la remontée de l’eau en créant une coupure capillaire artificielle.

Cette méthode présente plusieurs avantages : elle est relativement rapide à mettre en œuvre, peu invasive et adaptée à de nombreux types de maçonneries. Toutefois, son efficacité dépend de la qualité du produit, de la régularité de l’injection et de la nature du mur. Dans les murs très épais ou hétérogènes, la diffusion peut être incomplète.

Après l’intervention, un temps de séchage est nécessaire. Il peut durer plusieurs mois, le temps que l’humidité résiduelle s’évapore naturellement.


Le drainage et l’assainissement extérieur

Lorsque les remontées capillaires sont aggravées par un sol très humide ou mal drainé, une intervention extérieure peut s’imposer. Le drainage périphérique consiste à creuser une tranchée le long des fondations afin d’y installer un drain qui capte et évacue l’eau loin de la maison.

Ce type de travaux est plus lourd et plus coûteux, mais il permet de réduire durablement la pression de l’eau sur les murs enterrés. Il est souvent recommandé lorsque le terrain est argileux ou en pente vers l’habitation.

L’assainissement peut également passer par la réfection des joints de façade, la mise en place d’un enduit hydrofuge ou la vérification des systèmes d’évacuation des eaux pluviales. Une gouttière défectueuse peut, à elle seule, entretenir un problème d’humidité chronique.


Les solutions mécaniques : la coupure de mur

Plus radicale, la technique de la coupure de mur consiste à scier horizontalement la base de la maçonnerie pour y insérer une membrane étanche. Cette solution, très efficace sur le plan technique, est surtout utilisée dans les rénovations lourdes ou sur des bâtiments patrimoniaux.

Elle nécessite un savoir-faire pointu et une sécurisation minutieuse de la structure, car elle touche directement à la stabilité du mur. Son coût et sa complexité la réservent à des situations spécifiques, lorsque les autres méthodes ont échoué ou sont inadaptées.


Restaurer les murs après traitement

Traiter la cause ne suffit pas : il faut ensuite rénover les murs dégradés. Les enduits contaminés par les sels minéraux doivent être retirés, car ils continuent à absorber l’humidité et à se détériorer. On privilégiera des enduits respirants, à base de chaux, qui favorisent l’évaporation naturelle de l’eau.

L’utilisation de peintures microporeuses est également recommandée pour éviter d’emprisonner l’humidité dans le mur. Poser un revêtement imperméable trop tôt peut provoquer cloques et fissures.


Prévention et vigilance

La prévention reste la meilleure arme contre les remontées capillaires. Une bonne ventilation intérieure, un entretien régulier des façades et des réseaux d’évacuation d’eau, ainsi qu’une surveillance des premiers signes d’humidité permettent d’agir rapidement.

Dans les maisons anciennes, notamment construites avant la généralisation des barrières étanches au XXᵉ siècle, une vigilance accrue est nécessaire. Un contrôle périodique par un professionnel peut éviter des réparations lourdes.

Face aux remontées capillaires, il n’existe pas de solution universelle. Chaque maison possède ses spécificités architecturales et géologiques. Mais une chose est sûre : plus l’intervention est précoce, plus les travaux seront maîtrisés — et moins l’humidité aura le temps de s’installer durablement dans les murs et dans le quotidien des occupants.


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